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  • Isabelle Desmazures

Comment construire un discours?

Vous devez préparer un discours ou faire une présentation et vous n’avez pas de plan dans tous les sens du terme !


Au préalable, prenez en compte que votre discours poursuit deux buts : celui d’informer, c’est-à-dire faire savoir quelque chose sur un sujet précis (Quoi dire ?) et celui de communiquer, c’est-à-dire partager une information (Comment le dire ?) qui soit retenue et approuvée pour : faire agir, former, faire adhérer, influencer, ou persuader…


Pour répondre à ces exigences et réussir votre discours, je vais partager avec vous les règles à observer et le plan à respecter.


L’orateur et son public

Je ne vais pas vous faire un paragraphe sur l'importance d’avoir quelque chose d’intéressant à dire. Vous connaissez votre sujet mieux que personne. En revanche, nous allons nous intéresser à la manière d’écrire votre discours en fonction de votre personnalité et de celle de votre auditoire. Cette notion est importante pour la rédaction de votre allocution. En qualité d’orateur, votre façon d’écrire est liée à votre personnalité. Voyons ensemble quelle est celle qui vous correspond le mieux :

Etes-vous un orateur FACTUEL ? Vous privilégiez les faits et l’action. Votre speech est écrit autour d’objectifs et de résultats concrets, d’expériences, de performance et de défis. Etes-vous un orateur CONCEPTUEL ? Vous aimez les idées neuves et votre discours s’appuie sur les nouveautés, l’innovation, les projets et ses perspectives d’avenir, le futur. Etes-vous un orateur RELATIONNEL Vous favorisez les relations humaines et votre discours s’articule autour de sentiments, d’impressions, de motivation, de valeurs… Etes-vous un orateur METHODIQUE ? Vous privilégiez grandement les méthodes éprouvées. Votre discours sera articulé autour d’expériences, de preuves, d’observations, d’analyses de manière pragmatique. Dans cette rapide description des 4 types de communication, il est intéressant pour vous de savoir comment vous communiquez pour rajouter de la matière à votre discours, c’est-à-dire ce qui pourrait manquer pour satisfaire les 3 autres types de communication. Toute bonne prise de parole commence par s’oublier soi-même pour ne penser qu’à l’autre !


Si par exemple, vous êtes plutôt conceptuel-le, n’oubliez pas d’insérer dans votre discours des résultats, des analyses prouvées, des valeurs et des relations humaines pour toucher tout le monde sans exception.


Si vous souhaitez aller plus loin dans l’analyse, je vous invite à lire l'article sur les 4 styles de personnalité décrits par 4 couleurs pour savoir comment établir une bonne connexion avec tout le monde.


Le public

Avant de se lancer bille en tête dans l’écriture de votre discours, vous devez vous intéresser à votre public pour savoir ce qu’il aimerait entendre.

  • Qu’est-ce que vous allez lui apporter ou lui apprendre ou lui faire découvrir qu’il ne sache déjà ?

  • Que connaît-il sur vous ou sur le sujet ?

  • Votre public est-il composé d’experts, de néophytes ou des deux ?

  • etc.

Si vous voulez en savoir plus sur l’importance d’identifier sa cible/public, je vous renvoie à l'article : quelle est la première étape avant d’écrire un discours ?


Définir qu'un seul objectif de prise de parole !

Votre objectif doit être clair dans votre esprit et surtout réaliste en fonction du temps qui vous est imparti. Prenons l’exemple d'un sujet : la biométrie, cette nouvelle technologie qui permet d’identifier et d’authentifier les personnes en fonction de caractéristiques biologiques uniques. Imaginons que vous êtes amené-e à présenter cette nouvelle technologie à des institutionnels ! Votre intervention pourrait avoir plusieurs objectifs :

  • Intéresser les auditeurs sur cette technologie et ses applications possibles

  • Valoriser votre entreprise et la crédibiliser pour mener une expérimentation

  • Influencer des prescripteurs sur ce sujet

  • Former votre auditoire

  • etc.

En prise de parole, il est important de définir l’objectif de parole. Il déterminera à la fois la structure de votre propos, mais aussi le ton que vous allez utiliser, ainsi que les techniques que vous choisirez pour illustrer votre message.


Il est difficile de construire une présentation et surtout de captiver son public si vous courez après plusieurs objectifs à la fois ; c’est perturbant et improductif.


Par conséquent, vous devez choisir le plus important aux yeux de votre public. Grâce à ce choix, il vous sera plus facile de déterminer quel est le message essentiel que vous devez faire passer, quel en sera l'angle d’attaque.


La question à vous poser est la suivante : "qu’est-ce que mon public doit absolument retenir après mon speech ?"


Choisir un angle d’attaque

En journalisme, l’angle est un message que l’on veut faire passer sur une problématique, une information donnée.


Il est souvent impossible de traiter tous les aspects d’un sujet dans un exposé destiné à durer une vingtaine de minutes sur la biométrie par exemple ! Vous risquez de noyer votre public d’informations et par conséquent de perdre toute leur attention en cours de route.


Par conséquent, choisir un angle dynamisera vos propos et lui donnera une cohérence d’ensemble. Et quel que soit le sujet, surtout s'il est technique, il sera mieux digéré !


Choisir un angle revient à mettre en lumière un des aspects de votre sujet. Vous devez bien évidemment le choisir en fonction du besoin ou des attentes votre auditoire.


Sur le thème de la biométrie, l'angle pourrait être :

  • La simplification de la vie par un seul et même mot de passe dans le domaine de la santé ;

  • Ou la fiabilité des identités dans les aéroports pour éviter les faux papiers ;

  • Ou dans un futur proche, pourquoi l’identification biométrique remplacera les mots de passe ;

  • Ou la performance et la fiabilité de nos méthodes de cryptage pour contrecarrer les hackeurs.

  • Etc.

Un sujet peut être abordé de différentes manières. Votre angle d'attaque doit être choisi en fonction de votre public et comment vous pourrez le défendre, le promouvoir, le démontrer, le prouver, avec efficience.


Si vous avez 3 heures de réunion sur le sujet, vous pourrez aborder plusieurs angles, car vous aurez le temps de les argumenter ou de les démontrer.


Définir votre angle est primordial car c'est à partir de ce choix que vous pourrez construire votre plan.


Connaître son public, choisir son objectif et trouver son angle d’attaque sont les 3 piliers à prendre en compte dès le début de l'élaboration de votre discours.


Comme votre plan découlera de ces 3 points, il vous sera plus aisé de construire les autres briques que nous allons voir dès à présent.


Votre plan

Le développement

Je vous invite à commencer par la rédaction de votre développement pour structurer et mettre en forme le contenu de votre introduction.


Comme le développement doit contenir les idées principales ainsi que les idées secondaires, il vous sera plus simple, par la suite, de présenter le sujet de ses idées dans votre introduction.

Les idées (ou les arguments) que vous développerez doivent être cohérentes et distinctes les unes des autres.

Pour une intervention de 20 à 30 minutes, je suggère 3 idées ou arguments illustrés par des exemples, des comparaisons, des analogies, des métaphores et 1 visuel pour chaque idée/argument. Plus vous en fournirez, mieux vous serez compris. Ils seront un point d'ancrage dans la mémoire de votre auditoire. Sur chaque argument ou idée, traitez les possibles objections que votre public pourrait avoir en vous écoutant. Vous pourrez les lever au fur et à mesure dans votre développement, pour apaiser celui ou celle qui resterait bloqué-e sur son objection et serait moins attentif-ve à la suite de votre discours.


Vous pourriez utiliser ces phrases pour introduire les réponses aux éventuelles objections :

  • On pourrait penser que…. Mais …..

  • Certains se disent que …. Cependant…

  • Pour ceux qui pensent que… Il n’en est rien, car

  • Ce que j’entends le plus souvent, c’est…. Mais….

  • etc.

L’introduction

Annoncez votre angle dès le début de votre intervention afin de faire comprendre à votre public là où vous voulez l’emmener.


Enoncez le message essentiel ou le bénéfice client en mots simples mais percutants.


Une sacrée différence avec l’écrit, où l’on a tendance à rappeler le contexte, à détailler et à livrer le message essentiel en conclusion. À l’oral, c’est le contraire ! Abandonnez thèse-antithèse-synthèse sinon vous risquez d'endormir votre public !


Cette raison vient du fait que vous ne pouvez tenir un auditoire en haleine si vous ne le rendez pas curieux dès le départ. Votre introduction doit être brève et persuasive pour éveiller la curiosité et maintenir l’attention de votre public.


Vous pouvez démarrer par une question, mentionner une citation frappante, énoncer un fait choquant ou amener un fait vécu en lien avec votre sujet. Votre auditoire sera intéressé de savoir comment vous allez démontrer ce que vous affirmez haut et fort ! C’est un bon moyen de forcer l’écoute.


Je vous invite à lire mon article : comment démarrer son discours ? pour en savoir plus sur ce thème.


Autres articles qui vous aideront pour être percutant-e dès l'intro :

Pourquoi démarrer par une question choc ?

Quel est le pouvoir du chiffre ?


La conclusion

C’est la partie la plus courte, mais elle est très importante, car votre public retiendra plus facilement vos dernières phrases que celles dans votre introduction et votre développement !


Vous devez donc résumer en reformulant vos arguments et en mentionnant une nouvelle fois votre message essentiel.


N’hésitez pas à élever un peu le ton pour réveiller votre public un peu fatigué par tant de bons mots…


Suivant l’objectif de votre prise de parole, vous pourriez terminer votre discours par un appel l’action ( RDV, contribution, vote, prescription…).


Au moment des questions/réponses, si vous avez utilisé un diaporama, n’oubliez pas de remettre la diapo sur le message essentiel pour qu'elle reste gravée dans la mémoire de vos participants.


Préparer les réponses aux questions et aux objections

Réfléchissez à toutes les questions que l’on pourrait vous poser et répondez-y avec des phrases courtes, des mots simples, des preuves, si possible et des exemples. Idem pour le traitement des objections, même si vous en avez levé quelques unes dans votre intervention, d’autres apparaîtront ! Lorsqu’une personne vous posera une question, je vous conseille de la reformuler tout haut pour valider avec elle que vous l’avez bien comprise. La reformulation est importante, car elle permet d'une part de rassurer la personne et d'autre part de vous laisser quelques secondes pour donner votre réponse.

Si vous sentez qu’une personne est quelque peu agressive, ne tombez pas dans le piège de la réponse acerbe !

Au contraire, rétorquez d'un ton calme : « C’est une très bonne question et je vous remercie de me l’avoir posée ».

C’est un bon moyen de faire redescendre la pression chez votre interlocuteur, d’en faire sourire certains-es et surtout de ne pas vous sentir énervé-e avant de répondre.


Une bonne préparation est la clé du succès !

Vous l'aurez compris, une prise de parole se prépare et n'utilise pas les mêmes codes que l'écrit.

Certaines réflexions sont incontournables pour créer un discours captivant mais aussi pour vous aider à le clamer avec confiance.


Imaginez une maison sans fondation ! Elle s'écroulerait ! Un discours sans structure serait INCOMPRIS.

votre structure doit suivre un raisonnement logique pour aider votre public à vous suivre sans effort.


Vous devez également ressentir votre texte. Tous les mots énoncés doivent raisonner en vous sans ambiguïté.


"Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément." Nicolas Boileau


N'hésitez à me confier vos doutes, vos interrogations ou m'envoyer votre discours, je vous ferais un retour par mail dans les 24H.


A bientôt !